jeudi 16 juillet 2026

DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON (Poblete)

 



DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON

Le désir et la solitude

Festival Off d’Avignon – 2026

Présence Pasteur / 21h50

Texte : Bernard-Marie Koltès

Mise en scène : Loup-Franck Poblete Labat

Compagnie Détours

Deux hommes, la nuit. Ce qui commence comme un échange devient l'implosion de deux solitudes.

Deux hommes se croisent, la nuit, dans une zone obscure de la ville. Le Dealer et Le Client. Rien ne devrait les réunir, et pourtant, tout les attire. Ce qui commence comme un échange commercial devient un affrontement où chacun tente de faire tomber le masque de l’autre sans jamais baisser le sien. Leur opposition dépasse le commerce, le désir ou le conflit : c’est la rencontre de deux solitudes, c’est l’implosion des frontières qui séparent ces deux corps, c’est l’interpénétration de deux rapports au monde. Les repères sont troublés, les identités vacillent, les rôles se renversent.

Une mise en scène au plus près de la langue de Koltès: tranchante, tendue, secrète. Le temps d'un face-à-face sans issue, quelque chose en vous reconnaitra peut-être ce que ces deux hommes ne peuvent pas se dire. (Présentation du spectacle sur le site du off)

Lors du festival off 2025 j’ai découvert Koltès (1948-1989) par Dans la solitude des champs de coton (1985-1986). C’était au théâtre du Cabestan dans la mise en scène de Bruno Dairou. Ce fut pour moi une révélation, un peu comme mon premier Boris Vian quand j’étais lycéen en seconde. Depuis j’ai lu Roberto Zucco, Quai ouest, La nuit juste avant les forêts, et même une biographie de Bernard-Marie Koltès écrite par Brigitte Salino. Dans la solitude des champs de coton est mon œuvre préférée de Koltès et c’est la raison pour laquelle j’ai voulu la réentendre dans la mise en scène de Loup-Franck Poblete. Le style littéraire de Koltès est vraiment unique. Dans cette œuvre il tient à la fois du classicisme de la langue française quant à la forme, avec entre autres choses ce vouvoiement étrange à nos oreilles, et d’une singularité quant au fond. C’est en quelque sorte le mystère exprimé dans la langue du 17ème siècle, une certaine irrationalité dans une langue précise, ciselée, travaillée, soupesée qui fait de Dans la solitude un véritable bijou littéraire, un chef d’œuvre sui generis. Deux personnages seulement (le dealer et le client), une rencontre dans un crépuscule urbain, beaucoup de paroles, très peu d’actions (deux au total !). Le texte est travaillé de telle sorte que malgré les deux personnages il ne s’agit pas véritablement de dialogues, mais plutôt de 18 monologues pour l’un, de 18 pour l’autre. Au plus le texte s’achemine vers sa fin, au plus les monologues respectifs se font plus brefs. Loup-Franck Poblete m’a expliqué que Koltès avait composé dans un premier temps d’un seul jet les paroles du dealer et celles du client, puis il les a ensuite entremêlées pour donner le texte final. Donc deux longs monologues au départ pour en donner 36 à la fin. La mise en scène très épurée de Loup-Franck Poblete traduit parfaitement bien l’atmosphère présente dans ce texte du début à la fin : pas de décor, seulement les deux comédiens, Achille Sauloup dans le rôle du dealer et Nathan Jousni dans celui du client. La perfection de cette mise en scène réside essentiellement dans l’utilisation judicieuse de la lumière et dans la tonalité des voix d’Achille et de Nathan. Le dealer qui ouvre l’œuvre par un premier monologue parle dans les ténèbres du crépuscule, nous ne le voyons pas, nous entendons seulement sa voix puissante. Il faudra un certain temps pour que le visage d’Achille soit visible. Traduction scénique très précise des paroles du client : Mais quelle obscurité serait assez épaisse pour vous faire paraître moins obscur qu’elle ? Cette utilisation minimale de la lumière magnifie la voix des deux comédiens. Ce spectacle s’écoute plus qu’il ne se voit. Il y faut de la part du spectateur une attention intense, un effort soutenu et une réceptivité remplie de désir qui n’est pas sans rappeler celle de la prière. La musicalité de la voix du client (Nathan) évoque à mon esprit la tonalité recto tono utilisée par les moines, ce qui contribue fortement à nous immerger dans l’étrangeté de cette rencontre qui n’en est pas vraiment une… Le vocabulaire dominant utilisé par Koltès est clairement celui du désir, du regard et de la solitude (d’où le titre de l’œuvre). Le client se présente en antinomie avec le dealer comme l’homme du jour face à l’homme de la nuit, comme celui qui sait dire non face à celui qui est capable de toutes sortes de oui, comme celui qui conçoit notre terre comme le fruit du hasard face à celui qui croit en la providence. A un moment le dealer prononce des paroles qui me semblent décisives puisqu’elles explorent la notion centrale du désir : Je ne suis pas là pour donner du plaisir, mais pour combler l’abîme du désir, rappeler le désir, obliger le désir à avoir un nom, le traîner jusqu’à terre, lui donner une forme et un poids, avec la cruauté obligatoire qu’il y a à donner une forme et un poids au désir. Une trajectoire nocturne fait se rencontrer le client en déplacement et le dealer immobile. Tout se joue dans les regards échangés. Du regard Koltès nous fait passer ensuite au toucher (votre main s’est posée sur moi) puis du toucher au geste central et quasi unique, celui du dealer qui offre sa veste au client, pour le protéger du froid, pour rendre votre apparence plus familière à mes yeux. Koltès qui a été éduqué dans la religion catholique et a étudié dans un établissement scolaire jésuite à Metz a-t-il emprunté à la légende de saint Martin ce geste de la veste offerte ? Saint Martin est en effet souvent représenté en soldat romain coupant en deux sa cape pour couvrir un pauvre transi de froid à la sortie d’Amiens, véritable icône de la charité chrétienne. Le dealer offre au client une relation amicale que ce dernier refuse (Je vous préférais retors plutôt qu’amical). L’œuvre de Koltès nous parle d’incommunicabilité, de solitude. Un passage particulièrement beau et lourd de sens est celui dans lequel le client affirme : Je veux être zéro. Je redoute la cordialité, je n’ai pas la vocation du cousinage, et plus que celle des coups je crains la violence de la camaraderie. Soyons deux zéros bien ronds, impénétrables l’un à l’autre, provisoirement juxtaposés, et qui roulent, chacun dans sa direction… dans l’infinie solitude… Soyons de simples, solitaires et orgueilleux zéros. Et en même temps, un peu plus loin, le client affirme : Venez avec moi ; cherchons du monde, car la solitude nous fatigue. Dans son 16ème monologue, presqu’à la fin, le client répète : Il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’amour.

Dans la solitude des champs de coton, avec la mise en scène minimaliste, sobre et ajustée de Loup-Franck Poblete et le talent des deux comédiens Achille et Nathan, est une œuvre puissante qui nous fait aimer passionnément le théâtre, art vivant, une œuvre immersive et donc inoubliable. Dans son 8ème monologue le dealer affirme : Deux hommes qui se croisent n’ont pas d’autre choix que de se frapper, avec la violence de l’ennemi ou la douceur de la fraternité. Koltès dément cette loi… pour laisser la place au mystère qui est celui que nous éprouvons chaque jour dans nos relations les uns avec les autres, le mystère du pourquoi nous sommes la plupart du temps incapables de communiquer réellement, d’entrer dans l’espace d’une vraie relation, le mystère d’un blocage, d’un isolement dans nos solitudes parallèles. L’œuvre de Koltès peut paraître noire, désespérée… Elle s’achève avec une drôle d’interrogation : Alors, quelle arme ? Elle ouvre aussi, peut-être, un espace pour la rencontre dans le respect du mystère de l’autre : Devant le mystère il convient de s’ouvrir et de se dévoiler tout entier afin de forcer le mystère à se dévoiler à son tour (le dealer).

 

LA LOI DU DESIR

 

LA LOI DU DÉSIR

Du conditionnement social vers la liberté personnelle…

Festival off d’Avignon – 2026

Avignon – Reine blanche / 22h

Texte : Esteban Hupé et Barnabé Lambert

Mise en scène : Esteban Hupé

La Porcherie

À 17 ans, il est encore vierge. Privé d’éducation sexuelle et écrasé par la pornographie et les discours masculinistes qui traversent les cours d’école, il est perdu. Il a l’impression d’être anormal, d’avoir un problème que les autres n’ont pas. Tous les jours cette même question se pose : est-ce qu’un jour sa vie d’adulte va vraiment commencer ? Malgré les questions et les doutes, il se fait une promesse : ce soir, il couchera. Ce seul en scène présente une multitude de personnages : un prêtre culturiste, une cérémonie d’émasculation, des ados déchaînés, un camionneur fou, une travailleuse du sexe, une perruche de Madagascar... qui bouleverseront la vie de notre personnage principal.

(Présentation du spectacle sur le programme du off)

Esteban Hupé et Barnabé Lambert abordent dans La loi du désir un thème d’actualité particulièrement sensible : celui de l’éducation sexuelle et affective des jeunes. Barnabé Lambert incarne avec talent et grande sensibilité un jeune mal dans sa peau parce qu’il n’a pas encore couché avec une fille. Barnabé qui a suivi en plus de sa formation de comédien une formation de clown parvient à nous faire rire malgré le sérieux du sujet. La loi du désir nous fait rire, nous fait réfléchir et nous interroge, tout cela à la fois dans un univers onirique et farfelu (cela débute par un cauchemar) déployant divers tableaux jusqu’à la rencontre non intentionnelle avec une prostituée. Le quotidien de Barnabé se résume par ce qu’il appelle le triangle infernal (« un endroit dans lequel on enterre sa solitude » pour citer les auteurs du spectacle) : « bouffer, fumer, se branler », incluant pornographie et masturbation, et mésestime de soi dans un contexte de discours « masculinistes » très répandus ces derniers temps sur Internet. L’accès à Internet pour tous ainsi que la démocratisation des smartphones exposent les adolescents de plus en plus tôt à la pornographie. Avant l’ère du smartphone pour visionner un « porno » il fallait se déplacer et entrer dans un sex shop au risque de se faire reconnaître… La honte pouvait en dissuader beaucoup d’entrer dans ce genre de commerce. Aujourd’hui dans l’anonymat de son chez soi la pornographie est largement accessible et cela gratuitement. D’où la difficulté pour les éducateurs (parents, professeurs, religieux) de donner une éducation sexuelle et affective qui ne sépare pas la sexualité de l’amour et des sentiments.

Les catholiques qui verront ce spectacle seront probablement surpris d’entendre un cantique d’Eglise Regardez l’humilité de Dieu :

https://www.youtube.com/watch?v=RvWd4XLHCa4&list=RDRvWd4XLHCa4&start_radio=1

Après discussion avec Barnabé et Esteban cette inclusion du cantique dans le spectacle ne peut se comprendre que par rapport au discours « masculiniste » qui trouve parfois un écho chez de jeunes catholiques « identitaires » … pour lesquels la force et la virilité priment sur la douceur et l’humilité… Je suis doux et humble de cœur affirme pourtant Jésus en Matthieu 11, 29 et les Béatitudes proclament heureux les doux (Matthieu 5, 4). Le discours masculiniste peut donc instrumentaliser la religion catholique pour la mettre au service de ses thèses. Mais bien avant cette courant « masculiniste », (peut-être en réaction à un féminisme extrémiste développant la haine du « mâle » : le mâle c’est le mal ? Ou bien d’après Barnabé, Esteban et Jeanne en réaction quasi allergique au phénomène « Me too ») tous les hommes ayant connu la période du service militaire dans leur jeunesse (c’est mon cas) peuvent témoigner qu’être puceau était considéré comme une maladie honteuse, une tare de la personnalité, une anomalie, chacun vantant devant ses camarades ses « exploits » en matière sexuelle, exploits dont on pouvait légitimement douter qu’ils fussent réels… Toujours est-il que dans les casernes la sexualité pornographique dominait largement les conversations, les blagues etc… et les visionnages de DVD quand on était coincé le week-end.

Tout l’intérêt de ce très beau seul en scène, magnifiquement incarné par Barnabé Lambert, consiste à se poser la question philosophique de notre liberté par rapport aux conditionnements de notre entourage, ici dans le domaine essentiel du rapport hommes-femmes et de la sexualité. C’est un cliché de rappeler que depuis mai 68 règne « la libération » sexuelle… Il est interdit d’interdire et bien des tabous moraux et des commandements religieux ont perdu de leur vigueur… Mais La loi du désir nous montre que la libération sexuelle ne résout pas tous les problèmes. Le défi de construire sa personnalité librement n’en est que plus fort à l’ère du « tout porno ». D’où le choix de mon titre pour cette critique : Du conditionnement social vers la liberté personnelle… Ce spectacle peut nous aider à saisir que libération ne veut pas dire licence, et que la véritable liberté est un combat y compris contre les messages d’une société consumériste et hédoniste qui considère la relation sexuelle comme un simple objet de jouissance parmi tant d’autres, avec le risque évident d’un rapport malsain entre hommes et femmes. Si La loi du désir dénonce le discours masculiniste répandu sur Internet, il est frappant de constater que d’autres discours alternatifs, voire opposés, coexistent dans les vidéos des influenceurs sur You Tube comme ceux exaltant la virginité, la chasteté et préconisant l’abstinence totale de masturbation : le mouvement « NoFap ».

En voici un exemple parmi tant d’autres :

https://www.youtube.com/watch?v=eBHuMd4PiKk&t=964s

https://www.youtube.com/watch?v=sthrRCMgVUk&t=4s

 

 

 


vendredi 10 juillet 2026

SOON

 

SOON

Ermite numérique

Festival off d’Avignon – 2026

Théâtre du Train bleu – Le Parvis / 12h20

Texte : Mélanie Vayssettes et Simon Le Floc’h

Mise en scène : Mélanie Vayssettes

Le club dramatique

Depuis l’antiquité la spiritualité chrétienne a développé différentes vocations dont celle d’ermite. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes choisissent volontairement de vivre dans la solitude dans le but d’une union plus intense avec Dieu. Le spectacle Soon nous révèle une forme inattendue d’ermite contemporain, celle de « l’ermite numérique » ! Le jeune Simon, incarné avec talent et sensibilité par Simon Le Floc’h, vit reclus dans son petit appartement bien douillet. Il ne sort jamais de chez lui. D’où l’importance des commandes qu’il fait sur Internet… Le spectacle commence par une scène de contemplation dans laquelle Simon admire un aquarium… sur son écran plat. Puis vient l’attente du ou des colis quotidiens… Unique irruption de l’extérieur dans le monde de Simon. Dans la première partie du spectacle que l’on pourrait intituler « bonheur numérique » nous comprenons que Simon passe la plus grande partie de son temps à créer du contenu pour Internet. Peut-être est-il You tubeur. Il possède toute la technologie de pointe nécessaire pour ce faire. En plus il est doué d’un certain sens artistique qui lui permet à travers ses vidéos de magnifier les objets du quotidien, ceux de son petit appartement. Puis survient le drame absolu : un problème de connexion à Internet… C’est le chapitre II du spectacle dans lequel le bonheur numérique de Simon se transforme en enfer et révèle aux spectateurs sa solitude absolue, sa détresse face au bug technologique. A son insu, lors d’une scène à la fois loufoque et violente dans laquelle il communique avec le service client de son fournisseur Internet en vue de rétablir la connexion, Simon crée une vidéo qui fait le buzz sur Internet… Bienvenue dans le merveilleux monde des commentaires de vidéos : encouragements, commentaires truffés de fautes d’orthographe, mais aussi présence active des haters, ces personnes qui dans l’anonymat que permet le web dépensent une énergie considérable pour insulter, détruire, rabaisser etc. Cette agressivité érigée en passe-temps et en loisir a tout d’une guerre. Le phénomène est tellement répandu et inquiétant que le pape François lui-même en a parlé dans une exhortation apostolique consacrée au thème de L’appel à la sainteté dans le monde actuel ! Je cite ici les n°115 et 116 de ce document officiel de l’Eglise Gaudete et exsultate (2018) :

115. Les chrétiens aussi peuvent faire partie des réseaux de violence verbale sur Internet et à travers les différents forums ou espaces d’échange digital. Même dans des milieux catholiques, on peut dépasser les limites, on a coutume de banaliser la diffamation et la calomnie, et toute éthique ainsi que tout respect de la renommée d’autrui semblent évacués. Ainsi se produit un dangereux dualisme, car sur ces réseaux on dit des choses qui ne seraient pas tolérables dans la vie publique, et on cherche à compenser ses propres insatisfactions en faisant déferler avec furie les désirs de vengeance. Il est significatif que parfois, en prétendant défendre d’autres commandements, on ignore complètement le huitième : ‘‘Ne pas porter de faux témoignage ni mentir’’, et on détruit l’image de l’autre sans pitié. Là se manifeste sans contrôle le fait que la langue est un « monde du mal » et « elle enflamme le cycle de la création, enflammée qu’elle est par la Géhenne » (Jc 3, 6).

116. La force intérieure qui est l’œuvre de la grâce nous préserve de la contagion de la violence qui envahit la vie sociale, car la grâce apaise la vanité et rend possible la douceur du cœur. Le saint ne consacre pas ses énergies à déplorer les erreurs d’autrui ; il est capable de faire silence devant les défauts de ses frères et il évite la violence verbale qui dévaste et maltraite, parce qu’il ne se juge pas digne d’être dur envers les autres, mais il les estime supérieurs à lui-même (cf. Ph 2, 3).

Soon commence par la contemplation d’un aquarium féérique sur écran plat et s’achève par le départ en randonnée de Simon… autour de son écran plat… C’est Into the wild dans 9 mètres carrés ! Le créateur de contenu digital ressort abimé de son expérience d’ermite numérique en raison d’une simple déconnexion du réseau et des conséquences dramatiques que cette défaillance technologique provoque pour un jeune homme devenu totalement dépendant du web. Ce spectacle remarquable, mêlant avec délicatesse humour et questionnement de fond, a le mérite de nous renvoyer à notre utilisation d’Internet, à notre dépendance aux smartphones et aux ordinateurs… et pose ainsi la question d’une salutaire résistance à l’envahissement de nos vies par le tout numérique, envahissement rendu quasiment obligatoire pour faire une déclaration d’impôt, une démarche administrative ou encore acheter un billet de train. Il ne s’agit plus seulement de comportements individuels mais aussi de choix politiques. Finalement il s’agit de savoir si pour nous la liberté humaine est encore précieuse ou pas. Cette réflexion sur la liberté versus la technologie est une extension du thème fondamental de Soon : la solitude d’un grand nombre de jeunes qui ont du mal à initier et entretenir des relations réelles avec des personnes réelles. On pourrait se poser dans le domaine de la sociologie la question suivante : Est-ce la démocratisation d’Internet et des « réseaux sociaux », en particulier via le smartphone, qui augmente la détresse liée à la solitude ? Ou bien est-ce la difficulté d’avoir des relations épanouies avec autrui qui pousse les jeunes dans le « confort » des relations numériques ? Soon est un beau spectacle, un spectacle réussi et salutaire.

En guise d’ouverture je renvoie les lecteurs de cette critique à un clip musical… sur You Tube !

Moby & The Void Pacific Choir - 'Are You Lost In The World Like Me?' (Official Video)

https://www.youtube.com/watch?v=VASywEuqFd8